Persévérante ou têtue ? Persister ou s’obstiner ?

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L'âne

L'âne | par fabvirge

J’ai plein de pommes et de poires, mais je n’ai envie que de coings.

 Proverbe arménien.

 

 

 

 

 On me demande parfois…[le fameux « on » qui ne désigne pas vraiment tout en désignant franchement], …donc On me demande parfois pourquoi je continue quand même les traitements ?

- « Quand même » ? (prononcée sur le ton : « c’est quoi cette question débile ? »)

Oui, figurez-vous que je continue « quand même ». (prononcée d ‘un ton légèrement agacé).

Est-ce si étrange de se battre pour son avenir ? Heureusement que les soldats dans les tranchées ne se sont pas résignés à la première bataille perdue…. Bon, certes, la comparaison est légèrement disproportionnée mais ils se battaient pour notre avenir quand je me bats pour le mien.

Toutes ces déceptions, ces douleurs, ces angoisses, cette attente devant le téléphone…tout ça, pour rien…

Ce n’est pas de l’acharnement, c’est de l’espoir. L’espoir est un sentiment puissant, un sentiment que l’on comprend que lorsqu’on l’a chevillé au corps, que lorsqu’il ne nous reste plus que ça pour continuer à se lever le matin. C’est vrai, à l’heure où certains partent travailler, font des projets, prévoient des sorties, organisent leurs vacances, moi j’attends et j’espère que cette fois-ci, l’issue sera différente.

Mais l’issue ne change pas,  alors je recommence, je ferme fort les poings et j’encaisse.

« Persévérantes, tenaces, courageuses » : je préfèrerais que se soit en ces termes que l’on parle de nous. Peut-être que tous les On de la terre ne me croiront pas (prononcé sur le ton « non, non, tu ne rêves pas, je me fous un peu de ta gueule ») mais j’aimerais moi aussi que ma vie prenne une autre direction, avoir d’autres projets, mais je n’ai que celui là. Le plus beau du monde puisqu’il consiste à avoir un bébé, mon bébé, notre bébé. Je sais bien que j’ai tort. Il est inutile d’essayer de m’en convaincre. Peut-être faudrait-il me contenter des pommes et des poires et considérer que les coings me sont interdits mais je m’y refuse. Alors il va falloir que On s’y fasse, je ne baisserai pas les bras.

 

 Alors, persévérantes ou obstinées ? Disons que nous sommes persévérantes et que nous nous obstinerons à l’être tant que nous en aurons l’espoir et la force. Nous sommes des soldats, nous n’abandonnerons pas.

« Contre / toute attente » vs « Contre toute attente »

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M.& Mme Horloge attendent...

M.&Mme Horloge attendent... | par dalbera

L’enfant commence en nous bien avant son commencement. Il y a des grossesses qui durent des années d’espoir, des éternités de désespoir.

Marina Tsvetaeva
(Le Diable et autres récits)

 

 

 

 

 

 

J’aime bien les dictionnaires, ces flots de définitions des mots que nous utilisons au quotidien, et voir comment tel terme s’adapte au plus près de ce que nous ressentons. À mon sens, chaque mot est attaché et infiniment lié à un sentiment particulier.

Attendre par exemple est un mot intéressant où se cachent de multiples sens pour nous !

Attendre serait  « demeurer, rester quelque part jusqu’à ce qu’arrive quelqu’un ou quelque chose ».

Et ma foi, cela ne pourrait être plus vrai dans notre cas. Nous demeurons, restons quelque part jusqu’à ce qu’il arrive. Ahhhh ça, pour attendre, nous attendons. D’ailleurs, je me demande parfois si nous faisons d’autres choses qu’attendre, si passé le temps de l’attente, il nous reste encore du temps pour faire autre chose. Alors bon, nous attendons sans aucun doute trop mais nous attendons peut-être parfois mal aussi. Paralysées parfois par cette attente trop longue, trop éprouvante et pour une issue inconnue : succès ou échec, nous attendons sans savoir ce qui nous attend au bout.

Attendre du coup cela pourrait être « demeurer, rester quelque part jusqu’à ce qu’arrive quelque chose ou quelqu’un qui n’arrivera peut-être jamais ! »

À en croire le dictionnaire, Attendre serait aussi « espérer ».

Ahhhh ben voilà le « qui n’arrivera peut-être jamais » et voilà pourquoi nous attendons quand même ! L’espoir est un sentiment puissant. ;-)

Néanmoins, si notre vie effectivement ne s’envisage pas sans l’espoir, nous ne pouvons voulons pas la passer dans l’attente perpétuelle…

Pourtant les deux sont liés, il va falloir s’y faire : attendre et espérer, espérer et attendre.

Attendre serait enfin « être prêt pour quelque chose ou quelqu’un ».

Franchement, là,  j’ai envie de rire pas vous ? Nous sommes prêtes oui. Quelqu’un en douterait-il  encore ? Si oui et dans le doute alors ok, faisons passer le message :

Crieeezz !

Crieeezz ! | par Kat Cole

 

« NOUS SOMMES PRÊTES !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

[Nous pouvons sans doute être rassurées, je suis persuadée que désormais, il ? elle ? eux ? ont compris le message.]



 

 

Bref, tout ce blablabla sur attendre, l’attente, pour expliquer le titre du blog : « Contre Toute Attente »

Parce que je suis devenue aujourd’hui, « contre / toute attente », quelque soit l’attente, quelque soit le temps d’attente. J’ai l’impression de passer ma vie à attendre. Attendre quelque chose, attendre quelqu’un, attendre quelque part. L’attente, toute sorte d’attente fait désormais partie intégrante de ma vie et m’est devenue insupportable : attendre le bus, attendre un rendez-vous (et ça marche pour tous types de rendez-vous !), attendre la date d’un concert, attendre que le film commence le soir, attendre que mon bain coule, et même attendre que l’eau bout pour y plonger les pâtes est devenue à la limite du tolérable (à croire que les pâtes se liguent contre moi pour cuire trop lentement et me faire attendre), attendre, attendre, attendre… c’est vraiment à devenir cinglée, tout ce temps passé, perdu à attendre.

J’ai trop attendu, j’attends trop, trop longtemps, trop souvent et comme disait Pierre DAC, « il faut une infinie patience pour attendre toujours ce qui n’arrive jamais »…

Et parce que j’espère qu’un jour, « contre toute attente », j’aurai la chance et le privilège d’annoncer la fin de cette attente particulièrement : l’attente de mon enfant, l’attente de notre enfant.

Attendre encore, attendre toujours oui, au fond nous attendons toutes tout le temps, mais changer d’attente enfin… attendre d’autres choses, différentes, différemment.

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